Mais parfois, y faut ce qu'y faut et l'appel du large était trop fort. J'ai donc couru après mon destin sur les routes (mal) pavées du Québec jusqu'au fin fond de la Baie-des-Chaleurs, à la poursuite du rock, croisant sur mon chemin des destinations aussi exotiques de Causapscal, Amqui, Sayabec et Pasbébiac .
Puis, non contente de mon périple gaspésien, j'ai entendu l'appel du Père Noël. J'ai donc dû aller le visiter dans sa Finlande natale pour m'assurer que vous étiez tous sur sa liste pour décembre prochain.
J'ai l'air de niaiser de même là, mais le pire, c'est que c'est vrai.
Mais là, j'ai bien vérifié si toutes les filles de la LEJ étaient sur la liste du Père Noël du côté des gentils et à part quelques filles des Canons, je pense que tout le monde y était. Y'aura ben des spikes neufs sous le sapin cette année.
Et donc, après une overdose de lutins sur la poudre, de sapins faussement enneigés, de boule de nwell, de Finlandais saouls et de montagne de cossins, tellement qu'on se serait cru dans un magasin du Vieux-Québec (sauf pour les Finlandais saouls), Dottie est revenue sur le diamond, histoire de venir porter secours à son club qui regarde le fond du baril de proche depuis le début de la saison.
Mais j'arrête de parler de moi 2 minutes pour vous glisser un mot sur le premier match de la soirée qui s'est joué à 18h30 sous un soleil de plomb.
En effet, les buissons secs roulaient au vent sur le terrain et la sueur coulait au ralenti sur le visage des joueuses alors que les Battin' Beauties tentaient de réitérer leur exploit en reluquant une nouvelle victoire contre les imbattables Cannonballs. Il ne manquait que le Mexicain qui fait une sieste sous son sombrero et un dude qui joue de l'harmonica pour que le feeling Sergio Leone soit total.
De leur côté, les Cannonballs semblaient avoir eu un accident de lessive tellement les kits étaient dépareillés sur le diamond. Mais en scrutant longtemps, on pouvait surtout se rendre compte que c'était parce qu'il y avait autant de sub que de régulière sur le terrain du côté des Canons. À peu près la moitié des boules à mites avaient retourné leur veste pour venir prêter main forte aux filles en camisole sport qui ont de plus en plus un problème d'absentéisme, sans toutefois avoir des problèmes de victoire malgré cela. Ça dit ce que ça veut dire.
C'est pas mal ce que j'ai remarqué de cette partie-là, trop énervée qu'on était d'ouvrir une boîte remplie des chandails neufs de Venus Speculum, avec à peine 2 mois de retard sur le début de la saison. Heille... des beaux chandails pareils comme les vieux, mais neuf.
Classy.
C'est ainsi vêtues de leurs nouveaux gaminets que Venus Speculum a foulé le diamond en espérant mettre fin à une bonne série de défaites pendant cette saison 2010. Les Boules à mites avaient déjà la yeule à terre d'avoir joué pour les Canons avant et c'est en tentant de profiter de cette faiblesse que les VS se sont amenées en défensive pour amorcer le jeu. Y'a pas de petits profits, surtout pour les losers. Le climat bon enfant des parties VS / BAM s'est tout de suite installé, question de rappeler à ceux qui en doutait qu'il s'agit bien ici d'une ligue amicale.
Le match a donné lieu a de beaux duels de lanceuses-frappeuses, notamment entre Christine Beaulieu et Marie-Ève Beaumont, cette dernière obligeant la lanceuse étoile et lui faire quelque chose comme 20 pitchs d'affilés, que Marie-Ève se plaisait à frapper en fausse balle du côté du champ gauche. On appelle ça protéger son marbre. Prenez exemple.

Si une concours de jonglerie s'est aussi amorcé entre les deux équipes, donnant ainsi quelques buts gratis de part à d'autre, l'intensité grimpait à chaque manche alors que le score se maintenant toujours près de l'égalité. Venus Speculum affichait un line-up étrange composé d'une fille qui frappe à une main et qui lance pas de mitte, en plus de la joueuse «biche
effarouchée» Marie-France Côté qui se plaisait sans fin à faire des roulades spectaculaires, quoique si peu efficaces. Et sur les genoux, ça laisse des marques.
(à ma prez en exil, je sais que t'es pu capable des instamatic de IPhone, mais on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a pour dynamiser ce blog.)
Les BAM alignaient pour leur part une Mariflore Véronneault qui semblait sur la brosse tellement épuisée qu'elle était d'avoir lancé deux matchs d'affilé, de même qu'une capitaine Annie Valin qui arrivait tout droit de New York, après avoir été retranchée de l'alignement des Yankees.
Après avoir mené 8 à 4 en fin de 4e, les Venus ont laissé les BAM revenir de l'arrière pour créer l'égalité 8-8 en milieu de 5e. Dernière manche. Pourquoi faire ça simple et gagner 8-4 quand on peut faire monter le suspense et se mettre dans marde? Telle est la devise de mon équipe. Les VS avaient toutefois l'avantage de finir au bat. Dottie se présente au marbre. Il ne manque qu'un point. On me suggère le circuit en solo, ce que je décline (trop flasheux) pour frapper un simple au champ centre. Puis, petit à petit, de vol de but en vol de but, me v'là au 3. Les buts sont remplis. Geneviève Albert, qui avait quand même claqué un triple plus tôt dans la rencontre, se présente au marbre. Julie-Anne Richard, la plus dynamique coach de 3e but jamais vu, me suggère à la blague de voler le marbre.
Ce qui fut dit fut fait.
Gen Albert laisse passer un pitch, Catherine Leduc, pourtant très douée dans son nouveau rôle de catcheuse, malgré quelque problèmes de gestions de cheveux sous le casque, échappe un peu trop la balle à sa droite et ça y est, le marbre est volé, le point est compté, le match est terminé.
Dottie a ainsi volé, en plus du marbre, la possibilité pour sa joueuse Albert de claquer sa vie et d'ainsi produire le point (peut-être même faire ce fameux grand chelem dont tout le monde parle), ce qui n'est pas très généreux, c'est vrai. Mais j'avoue ne pas y avoir pensé beaucoup avant de m'élancer vers le point de la victoire, qui n'était finalement pas moins flasheux qu'un circuit en solo.
C'est comme ça que ça se finit. 9-8 pour les Venus qui avaient bien besoin d'une victoire pour se remonter le moral.
Mais en fait, la vraie fin, qui est à l'image de ce qu'on veut de la ligue, c'est plein de gens qui continuent à jouer longtemps après la fin des matchs, sur notre beau terrain de Père-Marquette, pendant que les autres filles boivent des canettes dans les estrades et qu'une petite madame rousse ramasse les vides et tente de nous échanger nos bouteilles contre des petits oignons jaunes.
C'est ça la Ligue en jupon man.
Sur ce, hydrate-toi bien mon ami. Fait chaud.
Dottie.
